La Montre Valmont est, à bien des égards, une anomalie de marché. Son format rectangulaire, rare dans cette gamme de prix, est un hommage direct aux grandes montres rectangulaires qui ont défini l'élégance masculine et féminine dans les années 1920.
Un format que Thomas affectionne particulièrement : « Les rondes, tout le monde en fait. La rectangulaire demande plus de soin, plus de précision dans la fabrication du boîtier. C'est pour ça qu'elles ont disparu du milieu de gamme. »
Le boîtier est en acier inoxydable avec un traitement de surface plaqué or rose. Ni trop brillant ni trop mat, un fini poli qui capte la lumière naturellement, sans ostentation. Les angles du boîtier sont adoucis, les flancs légèrement bombés. La forme tient confortablement au poignet sans basculer.
Le cadran est la pièce sur laquelle Thomas a le plus travaillé. Un guilloché argent à motif rayonnant concentrique, des cercles gravés en micro-relief qui créent une profondeur visuelle selon l'angle de la lumière. Ce type de finition est normalement réservé aux montres de prestige.
Thomas a trouvé un fournisseur capable de le produire à un volume qui rendait l'opération économiquement viable. « J'ai commandé 400 cadrans d'un coup. C'est ça qui a permis le prix. »
Sur ce cadran, les chiffres romains. Tracés en bleu acier, ils contrastent nettement avec le fond argent. I, II, III aux positions habituelles, mais aussi VI, IX, XII en chiffres romains complets, qui donnent au cadran une lisibilité classique immédiate. En dessous de XII, la signature discrète de l'atelier.
Les aiguilles sont en acier bleui, un procédé thermique qui donne à l'acier cette teinte bleu profond qu'on associe à la haute horlogerie. Appointées, elles pointent avec précision sans jamais gêner la lecture. L'aiguille des secondes, fine comme un fil, balaye le cadran silencieusement.
À 6 heures, un guichet date sobre. Un seul chiffre, cerné d'un fin encadrement noir. Discret, fonctionnel, intégré sans alourdir la composition.
La couronne, sur le flanc droit du boîtier, est ornée d'un cabochon bleu, un détail joaillier qui fait écho aux aiguilles et aux chiffres. C'est ce genre de cohérence chromatique, or rose, argent, bleu, qui distingue une montre conçue avec intention d'une montre assemblée à la va-vite.
Le bracelet est en cuir véritable, teinte cognac, avec un grain façon croco discret et régulier. Ni trop rigide ni trop souple à la sortie du boîtier, il s'assouplit naturellement après quelques semaines de port et épouse la forme du poignet. La boucle ardillon est dorée, assortie au boîtier. La largeur des cornes, 18 mm, permet également de remplacer le bracelet par n'importe quel bracelet standard si on le souhaite.
À l'intérieur, un mouvement quartz japonais de précision. Silencieux, fiable, qui ne demande qu'une pile CR2032 tous les deux à trois ans. Thomas est clair là-dessus : « Je n'ai pas mis de mécanique parce que ça aurait coûté dix fois plus et nécessité un entretien régulier. Le quartz japonais est honnête. Il fait son travail. »
« Les gens me disent qu'elle ressemble à une montre à 600 €. Je leur réponds : les composants valent ce qu'ils valent. Je la vends 59 € parce que je n'ai pas de boutique, pas de commercial, pas de marge de distributeur. C'est tout. »